Mathieu Sevigny : la bombe à retardement des Voltigeurs
Lorsque les gens parlent des Voltigeurs de Drummondville, c’est souvent autour des noms comme Alex Barré-Boulet, Joey Ratelle et Michael Carcone qu’ils bâtissent leurs conversations. Pourtant, sans trop faire de bruit, Mathieu Sévigny est en train d’éclore dans son coin et ce n’est pas Dominic Ricard qui va s’en plaindre.
Sélectionné en première ronde par les Voltigeurs en 2014, Mathieu Sévigny s’est immédiatement taillé une place avec l’équipe à sa toute première tentative ne laissant aucun choix possible à l’état major des Rouges. Le #22 montrait une éthique de travail impeccable, et ce, dès ses premiers coups de patin en carrière dans la LHJMQ.
On dit souvent que la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre et ce bon vieux dicton ne pouvait pas mieux cibler le jeune leader des Voltigeurs. Son père Pierre a roulé sa bosse dans le hockey professionnel et a toujours été considéré comme un travailleur acharné.
78 matchs dans la LNH et 520 matchs dans la AHL en plus des matchs de séries éliminatoires et des 50 autres rencontres disputées dans la défunte Ligue internationale, voici le bagage du paternel laissé à son fils. Croyez-moi, pour avoir vu les deux joueurs évoluer, il existe beaucoup de similitudes entre le père et le fils.
D’ailleurs, petite parenthèse, Mathieu est né à Hartford lorsque son père évoluait pour le Wolf Pack de Hartford dans la Ligue américaine.
Mathieu m’en voudra peut-être, mais je vous avoue que je dois concéder un petit avantage au paternel puisqu’il a tout de même amassé 271 points en 201 matchs lors de son passage au hockey junior.
Mathieu a tous les outils pour briller offensivement dans le hockey junior lui aussi. Il possède un coup de patin extraordinaire et il commence à s’en servir de plus en plus comme une arme et ça, c’est un signe très encourageant. C’est une ligue qui laisse de plus en plus de place aux rapides patineurs et Sévigny doit le comprendre. Il doit être conscient de l’impact que son coup de patin peut avoir dans sa « game ». Il commence à s’en servir de plus en plus lorsqu’il s’amène en territoire adverse et le jour où il placera convenablement son explosion, il pourra se moquer de bien des défenseurs. Souvent utilisé en compagnie de Philippe Pelletier-Leblanc et de Samuel Gaumond, Sévigny connaît de plus en plus de succès et obtient de plus en plus de chances de marquer puisque le rythme que son trio amène sur la glace est très rapide et ils peuvent forcer bien des défensives à se compromettre grâce à leur rapidité collective.
Le jeune leader des Rouges a récolté 19 points en 62 parties l’an dernier et n’aura aucune difficulté à pulvériser ce total à sa deuxième saison dans le Circuit Courteau. Il en compte déjà 11 en 29 parties et je suis persuadé qu’il pourrait en compter beaucoup plus puisqu’il obtient sa part de chances de marquer à chaque rencontre. C’est d’ailleurs, sur cette petite touche de marqueur que Sévigny devra travailler dans le futur puisque pour le reste, c’est une progression très intéressante.
C’est un luxe pour un entraîneur de pouvoir compter sur un joueur qu’on peut utiliser à toutes les sauces et lorsque le 22 sera plus à l’aise au niveau offensif, c’est un joueur qui deviendra indispensable à sa formation. Si je peux me permettre un parallèle avec le Canadien de Montréal, c’est plus facile pour Michel Therrien de gagner des matchs lorsque Tomas Plekanec lui donne des points de façon régulière. Mathieu Sévigny est en train de devenir le Tomas Plekanec des Voltigeurs et croyez-moi, les joueurs comme Plekanec sont de véritables bonbons pour les entraîneurs.
Parlant d’entraîneur, j’ai demandé à Dominic Ricard ce qu’il appréciait de son jeune attaquant :
« Mathieu est un joueur complet. Il peut jouer à l’aile et au centre. Il contribue offensivement et défensivement et il s’implique physiquement. »
On oublie aussi que les joueurs ont beaucoup de choses à apprendre et ce n’est pas tous les attaquants qui sont en mesure d’amorcer en toute aisance leur carrière au hockey junior. Pour certains, l’adaptation sera un peu plus longue, mais ils arriveront au même point à la fin de l’histoire.
C’est le cas de Mathieu Sévigny de qui, je n’ai jamais douté la moindre seconde. Lorsque vous travaillez et que vous travaillez encore plus, les efforts finiront par vous récompenser un jour ou l’autre.
Tel père, tel fils !
Écrit par: Ouellet, André








































































