Délai d’attente
Àsa première année d’admissibilité à la séance de sélection, Nolan Patrick vit les affres de l’attente.
Âgé de 18 ans, le centre des Wheat Kings de Brandon avait connu deux saisons de rêve, au point de devenir l’espoir no 1 de la séance de sélection 2017 de la LNH. Mais voici que tout le monde, y compris le principal intéressé, fait les cent pas, Patrick ayant dû s’absenter après avoir subi une blessure au haut du corps au sixième match de la saison de la Ligue de l’Ouest.
Étoile d’une des meilleures équipes de la Ligue canadienne de hockey, Patrick a totalisé 102 points la saison dernière et participé à la Coupe Memorial Mastercard. La longue période d’inactivité à laquelle il était encore contraint à la mi-janvier est pour lui une source de frustration. Et d’ennui. Il n’a qu’une idée en tête: jouer.
«En raison de la blessure, il a été difficile de ne pas y penser», dit-il à propos de la séance de sélection et de son statut d’éventuel no 1. « Je veux simplement recommencer à jouer et montrer de quoi je suis capable.»
Toute comparaison est boiteuse, certes, mais certains recruteurs voient en Patrick une sorte de réplique de Jason Spezza, un ancien de la Ligue de l’Ontario qui défend les couleurs des Stars de Dallas après 11 saisons dans l’uniforme des Sénateurs d’Ottawa. D’autres apparentent son style à celui de John Tavares. Voilà des comparaisons flatteuses. «À mon avis, il finira par évoluer au centre d’un premier trio dans la LNH», déclare Kyle Woodlief, recruteur en chef de Red Line Report, un bulletin d’information indépendant sur le recrutement.
Il est difficile de jauger les conséquences d’une blessure pour un joueur qui en est à sa première année d’admissibilité. L’histoire montre que, dans la plupart des cas, les joueurs ne sont pas pénalisés par une longue absence. Ainsi, Alex Galchenyuk (Sting de Sarnia) a été appelé au 3e rang par les Canadiens en 2012, Morgan Rielly (Warriors de Moose Jaw) au 5e par les Maple Leafs en 2012 et Brett Connolly (Cougars de Prince George) au 6e par le Lightning en 2010. Ces trois anciens de la LCH n’avaient pratiquement pas joué à leur première année d’admissibilité. À l’inverse, il est indubitable que Tyler Benson (Giants de Vancouver) a été ignoré lors du 1er tour de l’an dernier parce qu’il avait été blessé, mais il a quand même été choisi au 32e rang (deuxième du 2e tour) par les Oilers d’Edmonton.
«Cela prouve à quel point ces gars-là sont talentueux, de dire Patrick. C’est le défi qui m’attend.»
Il y a deux ans, Brandon a atteint la finale de la Ligue de l’Ouest avant d’être couronné champion la saison dernière. Ainsi, Patrick a déjà disputé plus de 40 matchs éliminatoires, sans compter ses trois parties à la Coupe Memorial Mastercard. Et il a peut-être été meilleur en séries que durant la saison régulière.
Patrick explique que plus les attentes sont élevées, plus la motivation est grande.
«C’est quand l’enjeu est crucial qu’il faut jouer son meilleur hockey», affirme Patrick qui estime aussi que Kelly McCrimmon, ex-entraîneur et directeur général des Wheat Kings, a joué un rôle important dans son développement.
«Avec lui, il fallait te battre pour mériter son poste, mais il te donnait ensuite la chance de devenir un meilleur joueur.»
Fait intéressant, McCrimmon est maintenant DG adjoint des Golden Knights de Vegas. Comme ce nouveau club de la LNH sera parmi les six premiers à choisir un joueur, il n’est pas exclu que McCrimmon et le DG des Golden Knights, George McPhee, mettent la main sur Patrick lors de la séance de sélection à Chicago.
L’ancien élève reconnaît que ce serait un rebondissement intéressant, mais ajoute qu’il est encore beaucoup trop tôt pour se livrer à de telles conjectures.
«Ce serait cool, mais je n’ai pas beaucoup parlé à Kelly, dit-il. Je serai heureux et honoré, quel que soit le club qui me choisit.»
Autre détail piquant: Nolan pourrait être appelé plus tôt que ne l’ont été deux autres membres de sa famille. Son père, Steve Patrick, lui aussi un ex-Wheat King, a été sélectionné au 20e rang par Buffalo en 1980 tandis que son oncle, James Patrick, était choisi au 9e rang par les Rangers de New York un an plus tard.
Patrick affirme que personne dans la famille ne parie sur ses chances de devancer papa ou tonton, ce qui n’empêche pas les Patrick d’éprouver un sentiment de grande fierté. À la naissance de Nolan, Steve Patrick était depuis déjà 10 ans à la retraite. Lui et sa femme Carrie ont guidé leurs trois enfants dans le hockey mineur à Winnipeg et dans la région avoisinante. Maddie, la sœur aînée de Nolan, porte les couleurs de l’université de la Colombie-Britannique tandis qu’Aimee, la cadette, évolue dans le hockey mineur dans la capitale du Manitoba.
«Ma famille m’a beaucoup soutenu, constate Patrick Nolan. Je garde quelques souvenirs de mon oncle en fin de carrière, mais c’est mon père et ma mère, une femme au foyer, qui nous ont appuyés sans compter leurs heures. Quand nous étions enfants, mes sœurs et moi, le hockey ne nous disait pas grand-chose, mais nos parents en ont fait une partie intégrante de la famille.»
par Peter Robinson









































































