Une rare complicité
8 juin 2011 – « J’étais tellement content pour lui. Juste à y repenser, j’en ai encore des frissons. C’était vraiment incroyable. J’en ai pleuré de joie ». C’était la réaction de Nicolas Lafontaine lorsque son petit frère, Raphaël, a été repêché par les Olympiques en juin 2010, à Drummondville. À lire ses premiers commentaires, une chose saute aux yeux : il y a une complicité exceptionnelle entre les deux Lafontaine.
Plus jeunes, Nicolas et Raphaël se sont régulièrement affrontés sur la patinoire familiale. « Avant de partir à Rouyn-Noranda, je jouais régulièrement avec lui dans notre cours arrière. À vrai dire, je m’en servais comme cône », d’ajouter l’ancien joueur de centre des Huskies de Rouyn-Noranda et des Saguenéens de Chicoutimi, à la blague. Et d’année en année, le jeune Lafontaine s’est amélioré et a semblé donner du fil à retordre à son éternel rival. « À chaque fois que je redescendais à Gatineau, il était de plus en plus difficile à déjouer. Par contre, ma grosseur, ma grandeur et mes grandes jambes m’aident à le vaincre…surtout quand il n’y a pas d’arbitre ! » s’exclame-t-il.
Les temps ont changé. Aujourd’hui, Nicolas assiste à la plupart des matchs des Olympiques au centre Robert-Guertin avec sa copine Sophie. En fait, c’est un véritable devoir qu’il se donne. « J’assiste à presque tous les matchs avec ma copine . C’est un devoir puisque ça lui donne plus d’énergie de savoir qu’on est là ». Ce dernier admet que de voir l’évolution de son protégé est quelque chose qu’il apprécie fortement. « C’est le fun de le voir jouer si souvent, mais de voir comment il s’améliore à chaque fois que je le vois, je pense que c’est ça qui est encore plus intéressant ».
Issu d’une famille mordue de hockey, le joueur de centre des Gatinois vit au rythme de notre sport national 365 jours par année. Outre son frère, son père Richard a disputé 3 matchs avec les défunts Festivals de Hull, avant de rouler sa bosse avec les Remparts de Québec. Ses oncles, Claude et Daniel Lafontaine, ont porté la flamme vers la fin des années 70. Selon plusieurs, le jeune homme de 16 ans sera le meilleur des Lafontaine. Qu’en pense son complice ? « Sans commentaire » dit-il, amusé. « Présentement, je crois qu’il est trop jeune. Par contre, au rythme où vont les choses, il le deviendra » finit-il par avouer. « À 16 ans, c’est le meilleur actuellement. Il suffira de voir où il sera rendu dans son cheminement lorsqu’il aura 19 ou 23 ans ».
Raphaël a connu une année extrêmement chargée. Après avoir été repêché par les Olympiques en juin 2010, il est parvenu à se tailler un poste régulier au sein de l’alignement partant, il a participé au défi des moins de 17 ans à Winnipeg en décembre dernier et il a atteint la finale de la coupe du Président il y a quelques semaines. Malgré toutes les belles choses qui se sont produites dans la vie de Laffy, Nicolas reste prudent. « Lorsqu’il aura une saison moins chargée, j’ai hâte de voir s’il va rester aussi motivé » se demande-t-il. « À ma 2e saison, j’avais eu une baisse de régime après avoir vécu une saison recrue similaire à la sienne. Par contre, il est très fort mentalement. Tous les grands joueurs ont vécu ce qu’il vit présentement. Ça lui donne un bagage d’expérience ».
Simon Bédard, Olympiques de Gatineau









































































