Marc-André Dumont, le pédagogue des Screaming Eagles
Le 4 décembre 2012, la direction des Screaming Eagles du Cap-Breton a décidé de procéder à des changements importants derrière le banc et au deuxième étage. En confiant les guides à Marc-André Dumont comme entraîneur et directeur général, la formation néo-écossaise souhaitait redresser la barre d’une équipe en sérieuse quête d’identité.
C’est au cœur d’une séquence très creuse que Marc-André Dumont s’est présenté au Cap-Breton. La mission était claire, redresser la barre le plus tôt possible. Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé. La grande vedette de l’équipe, William Carrier, est tombé au combat et n’est jamais revenu au jeu en cours de saison. L’européen Jakub Culek, acquis de Rimouski, n’a joué que 9 matchs avec les Eagles avant de se blesser, lui aussi. On peut ajouter les noms de Kyle Farrell et de Loïc Leduc qui n’ont presque pas joué à partir du mois de décembre. L’organisation a même dû demander une dérogation à la LHJMQ pour aligner six joueurs de 16 ans (un de plus que la limite permise) lors d’un voyage au Québec, en février. Bref, la liste des embûches se dressant devant le nouvel entraîneur était nombreuse.
« Malgré toutes les difficultés qu’on a eu en début de saison l’an dernier, on a été satisfait de la manière que les jeunes se sont comportés à travers tout ça après Noël. On a développé le caractère et l’enthousiasme chez nos jeunes. C’était toujours plaisant de venir à l’aréna même si nous perdions plus souvent qu’à notre tour. Il n’y aucun doute qu’après toutes ces années difficiles, nos vétérans reviennent affamés cette année. Ils ont le goût de connaître du succès. Déjà en début de saison, on commence à voir des résultats encourageants », mentionne Marc-André Dumont, rencontré au début d’un excellent voyage de son équipe au Québec qui s’est soldé par une récolte de 5 points sur une possibilité de 6.
Celui-ci se dit heureux d’hériter d’un rôle aussi important dans une excellente organisation, selon ses dires. Dumont est également directeur général de l’équipe, tout en portant l’habit de relationniste! Pour s’assurer que l’information circulant sur son équipe soit bien faite, l’ancien journaliste et rédacteur en chef rédige lui-même les communiqués dans les deux langues de son équipe.
« Un des meilleurs systèmes pédagogiques au Canada »
Le bilan des Screaming Eagles dans les trois dernières années n’est guère reluisant. L’équipe a terminé en 16e place en 2011 et 2012, et 18eet dernière en 2013, ce qui a permis à l’équipe d’hériter du tout premier choix lors du dernier repêchage. Pour tenter de redresser la barre, Dumont a cédé aux demandes de la famille du jeune Nicolas Roy en l’échangeant aux Saguenéens de Chicoutimi, lui qui souhaitait évoluer dans un marché québécois. De plus, les venues de l’excellent russe Maxim Lazarev et de l’Américain Cameron Darcy redonnent du tonus à une équipe qui en avait bien besoin. Combinés aux retours en force des William Carrier et Kyle Farrell, les Screaming Eagles sont appelés à connaître une bonne saison. Même si plus de négatif que de positif est relié aux Aigles criards depuis quelques années, Marc-André Dumont s’en remet aux principes essentiels du bon roulement d’un club de hockey junior; le développement d’un jeune individu.
« Quand tu perds continuellement, ça devient difficile sur le moral. Cependant, nous n’avons jamais dérogé du modèle qu’on souhaite prêcher. Il y a trois aspects de développement d’un joueur junior. Il y a l’aspect sportif; tout le développement hors-glace, en gym, en force, en puissance. Sur le plan hockey; technique et tactique. Tout ça sans oublier le développement académique. Ces trois aspects-là, nonobstant nos années difficiles, ça a été un focus entier. Nous n’avons jamais dérogé de notre plan. Seulement en 2012-2013, 22 anciens des Screaming Eagles étaient inscrits dans une université canadienne. Il n’y aucun doute qu’au Cap-Breton, nos installations pédagogiques sont capables de répondre aux besoins académiques de n’importe quel joueur, qu’il soit francophone, anglophone ou européen. Nous avons trois conseillers pédagogiques, dont un qui voyage avec nous sur la route pour superviser nos joueurs. Le passé pédagogique de notre organisation mérite d’être hautement considéré », explique l’homme de hockey.
Le Cap-Breton est souvent utilisé dans les conversations des amateurs de hockey junior lorsqu’ils soulignent les longues distances que les joueurs ont à parcourir pour aller jouer des matchs. Pour Marc-André Dumont, il ne s’agit pas d’une excuse; il est tout à fait possible de connaître du succès sur la glace et à l’école tout en évoluant à Sydney, au Cap-Breton.
« Toutes les équipes de la LHJMQ font maintenant des efforts substantiels pour favoriser la réussite des joueurs. En raison de la distance avec les autres marchés, les Screaming Eagles en font aussi beaucoup pour aider les joueurs dans leur processus de réussite. Nous nous assurons que les joueurs ont toutes les ressources nécessaires pour réussir ici aussi bien qu’ailleurs. C’est mission accomplie je crois, puisque nous figurons parmi les meilleurs de la ligue à ce niveau depuis les 8 dernières années », poursuit-il, avec confiance.
Une équipe jeune en progression
C’est un Marc-André Dumont visiblement heureux qui a accepté de répondre à nos questions. Il semble filer le parfait bonheur au Cap-Breton. Il a maintenant la responsabilité de superviser une jeune équipe en pleine progression. Il nomme d’ailleurs tous les joueurs appelés à constituer la force de l’équipe pour les prochaines années.
« Notre premier choix, Jason Bell, est excellent. Il est rejoint par les Bureau, Simard, Lalonde, Lazarev, Pelletier et Bishop. Je suis persuadé que le cœur d’une excellente équipe pour plusieurs années se trouve déjà dans notre vestiaire. Les vétérans qu’on a, même s’ils n’ont pas connu de succès depuis le début de leur carrière dans la ligue, veulent terminer sur une bonne note. Je pense à Carrier, à Leduc, à Woodworth (Stephen) et à Farrell entre autres. Les jeunes qui arrivent veulent faire la différence. J’ai beaucoup de plaisir à travailler avec un groupe aussi affamé », conclut-il.









































































