De grands souliers à chausser pour Keven Bouchard
Le directeur général du Drakkar de Baie-Comeau, Steve Ahern, a dû réagir très rapidement lorsque son gardien vedette Philippe Cadorette lui a annoncé qu’il quittait l’équipe à quelques semaines seulement du début du camp d’entraînement. Cette surprise, c’est l’opportunité qu’attendait Keven Bouchard.
Le gardien de 19 ans souhaitait obtenir un nouveau départ dans la LHJMQ et avait demandé à la direction des Foreurs de Val-d’Or de lui trouver un nouveau port d’attache.
« J’avais demandé une transaction aux Foreurs et j’ignorais encore où j’allais aboutir à quelques semaines du début de la saison. Les Olympiques de Gatineau cherchaient un gardien de but; mais quand j’ai vu que Philippe Cadorette graduait dans la Ligue East Coast, je me doutais bien que j’allais être échangé au Drakkar », raconte le jeune homme originaire de Metabetchouan au Lac Saint-Jean.
Même s’il a disputé une soixantaine de matchs dans la LHJMQ, Bouchard n’a pas obtenu d’emblée le poste de gardien titulaire au sein de sa nouvelle équipe. Il devra faire ses preuves, au même titre que la recrue Evgeny Kiselev avec qui il partage le filet du Drakkar.
« Ce sont deux grands travaillants. Ils ont tous les deux un bon potentiel, mais un caractère très différent. Pour l’instant, on fonctionne avec un système d’alternance et on tente de garder un bon équilibre. C’est celui qui obtient les meilleures performances qui mérite le départ et jusqu’à maintenant tout le monde y trouve son compte », raconte l’entraîneur Marco Pietroniro qui affirme avoir une grande confiance en ses deux hommes masqués.
Double motivation
Cette façon de faire, c’est en partie ce qui motive présentement le gardien de 6’02 et 208 livres.
« Nous sommes en compétition, mais c’est une rivalité qui demeure très saine. Nous nous aidons mutuellement. J’apprends des choses de lui (Kiselev) et il apprend des choses de moi aussi. Tout ce que je souhaite, c’est de connaître de bonnes performances. Notre début de saison a été pénible, mais on se relève tranquillement. »
À ses six premiers départs de la saison, Bouchard a concédé 22 buts, conservant un dossier de deux victoires contre quatre revers.
« On a compris que si l’on veut gagner des matchs cette année, il faudra travailler d’arrache-pied chaque soir. Nous n’avons pas l’équipe la plus talentueuse, mais on sait qu’on peut surprendre. C’est notre volonté et notre éthique de travail qui fera foi de tout », estime celui qui a été repêché en septième ronde par les Oilers d’Edmonton au repêchage de 2014.
Toujours sans contrat professionnel, il sait que cette saison pourrait être déterminante pour lui.
« C’est à moi de leur (les Oilers) forcer la main. Le contrat ne doit pas devenir une obsession et une source de distractions. L’entraîneur de développement des gardiens de but des Oilers vient régulièrement me voir à Baie-Comeau. Il me dit quoi améliorer et demeure en contact avec l’entraîneur des gardiens du Drakkar. Ils forment une belle équipe pour m’aider dans mon cheminement. Ce qui peut m’aider, c’est de prendre part au plus grand nombre de matchs possible et offrir de bonnes performances. Le reste viendra par lui-même. »
Bouchard aime bien quitter son filet pour relancer l’attaque. Malgré son gabarit imposant, il sait mettre en valeur sa technique. C’est justement une qualité qu’apprécie son entraîneur.








































































