PLEINS FEUX SUR LES ANCIENS CARLSBERG – MAXIME DESRUISSEAUX
C’est le troisième match de la demi-finale de 2004 dans la LHJMQ et Maxime Desruisseaux et ses coéquipiers des Wildcats de Moncton ont une occasion en or ; une victoire leur donnerait une avance de 2-1 dans leur série face à Sidney Crosby et l’Océanic de Rimouski. Devant une salle comble, les Cats remportent une victoire convaincante de 6-1 et Desruisseaux, un défenseur résolument défensif (sept buts en 188 matchs en carrière avant ce soir-là) marque le premier but de sa carrière en séries éliminatoires dans la LHJMQ.
« J’ai dû les impressionner parce qu’ils m’ont acquis dans un échange pendant la saison morte », se souvient-il. « Mais ensuite, ils m’ont échangé à nouveau! »
Il est vrai que Desruisseaux a terminé sa dernière saison avec les Tigres de Victoriaville, dans sa ville natale, avant que Crosby et son club ne remportent un championnat dans la LHJMQ. Cela ne veut pas dire que l’homme de 41 ans n’a pas de quoi se vanter. Cela n’enlève rien à son poste actuel de directeur général et d’entraîneur-chef des Foreurs de Val-d’Or. Au contraire, ses expériences passées ont contribué à façonner son approche de la vie, tant derrière le banc qu’à l’étage supérieur.
« Les joueurs d’aujourd’hui veulent savoir pourquoi ils jouent dans certaines situations », explique Desruisseaux. « Pourquoi ils sont sur la troisième ligne ou pourquoi ils ne sont pas en supériorité numérique? C’est bien de prendre le temps avec eux de savoir pourquoi ils ont du succès dans certaines facettes du jeu et pourquoi ils n’en ont pas dans d’autres. À l’époque où je jouais, les entraîneurs ne nous disaient pas ce genre de choses-là. J’ai toujours pensé qu’il était important d’avoir ces conversations. Nous avons besoin de ces relations avec nos joueurs. »
Desruisseaux ne compte pas seulement sur son expérience de joueur pour maximiser le potentiel de ses jeunes troupes à Val-d’Or. Il a participé à des écoles de hockey et les a dirigées pendant près de vingt ans, la plupart du temps en étant également entraîneur pendant l’hiver. Après huit années en tant qu’adjoint et un championnat de la LHJMQ lors des séries éliminatoires de 2021, au plus fort de la pandémie, il était temps de relever un nouveau défi.
« J’ai beaucoup aimé Victoriaville, mais je voulais relever le défi d’avoir le dernier mot dans les décisions », explique Desruisseaux au sujet de son déménagement dans le nord-ouest du Québec. « La pression est sur moi, et c’est ce que je recherchais. Lorsque les Foreurs m’ont tendu la main, j’ai été très heureux d’avoir cette opportunité. »
Il a fait ses débuts derrière le banc des Foreurs en 2021, quelques mois après que son ancienne équipe eue vaincue l’actuelle en finale de la ligue. La reconstruction a été longue et difficile. Toutefois, l’un des points tournants s’est produit au milieu de la saison 2023-2024, lorsque Desruisseaux a ajouté le titre de directeur général à sa feuille de route. L’an dernier, les Foreurs ont atteint l’après-saison pour la première fois en trois ans et Desruisseaux a été récompensé plus tôt cette saison par une prolongation de contrat de deux ans.
Le double rôle d’entraîneur-chef et de directeur général n’est plus aussi courant qu’auparavant. Cependant, Desruisseaux l’accepte, en partie grâce au soutien solide qu’il reçoit au sein de l’organisation.
« Je ne suis pas seul dans cette situation », s’empresse-t-il de préciser. « C’est pourquoi nous avons des entraîneurs adjoints et un directeur général adjoint. J’aime dire que lorsque nous avons remporté la Coupe à Victoriaville, tout le monde était à la bonne place (au sein de l’organisation) et donnait le meilleur de lui-même dans son rôle. Les adjoints, l’entraîneur vidéo, les thérapeutes. Il est très important d’avoir un partenariat solide avec tout le monde. J’ai besoin de faire confiance à tous ceux qui m’entourent. »
En dehors du hockey, son fils de neuf ans et sa fille de cinq ans font partie de son système de soutien. Il y a aussi la communauté qui l’a adopté comme l’un des siens dans une partie du monde qui vit et respire pour son équipe de hockey comme peu d’autres.
« Lorsque quelqu’un au sein de l’organisation sort pour déjeuner ou dîner, ou même simplement pour prendre un café chez Tim Hortons, tous les partisans sont là et veulent savoir ce qui s’est passé lors du dernier match et comment se porte l’équipe », explique Desruisseaux avec une fierté évidente. « C’est ce qui est le plus agréable quand on est entraîneur dans une petite ville comme Val-d’Or. Nous sommes vraiment chanceux. Dans une grande ville, on n’a pas la même proximité avec la communauté. C’est quelque chose que j’apprécie vraiment. »
Maintenant qu’il en est à sa 14e saison derrière le banc, Desruisseaux a gagné la possibilité de réfléchir à ce qui l’a gardé sur la patinoire pendant la plus grande partie de sa vie. L’amour du hockey est une chose. Mais rester dans le sport aussi longtemps, c’est autre chose. Beaucoup d’entraîneurs y parviennent, mais Desruisseaux est l’un de ceux qui sait le mieux l’exprimer.
« On passe tellement de temps avec les joueurs sur la glace et en dehors, à leur enseigner certains aspects du jeu, que lorsqu’on les voit aller à l’université ou chez les pros ou même devenir de bonnes personnes dans la communauté, on réalise que c’est en partie parce qu’on a passé trois ou quatre ans auprès d’eux », explique-t-il. « Quand ils sont arrivés chez nous, c’étaient encore des enfants. Alors je suis fier d’avoir eu cette influence sur eux. Ce n’est pas seulement le côté hockey. C’est amusant de les aider à relever des défis et de faire d’eux de meilleures personnes. »
Même si Desruisseaux jette un coup d’œil de travers à cet échange de l’époque, il est évident qu’il n’échangerait pour rien au monde la situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui, tant sur le plan physique que professionnel.










































































