Sublime Suisse
Enfin, peut-être pas… Mais qui découvre le sud de la Suisse près de la frontière italienne, région où il a grandi, peut fort bien ne jamais vouloir partir.
La commune de Naters se trouve au cœur des Alpes, dans le canton du Valais. C’est un terreau pour les skieurs d’élite avec des dizaines de montagnes à plus de 3000 mètres d’altitude, dont l’imposant Cervin qui se trouve à une quinzaine de minutes de la petite ville natale de Hischier.
«Plus jeune, je pratiquais le ski, mais plus maintenant», de dire l’attaquant de 18 ans des Mooseheads de Halifax avec un air entendu.
C’est que, dorénavant, le hockey prend tout son temps. Et il joue avec un tel brio qu’il pourrait être parmi les premiers appelés de la séance de sélection 2017 de la LNH.
«Il peut pratiquement tout faire», constate André Tourigny, entraîneur-chef des Mooseheads qui est arrivé à Halifax en même temps que son élève à l’automne. «Sa performance au Mondial junior ne nous a pas surpris. Il excelle dans toutes les situations, il est le rêve de tout entraîneur et il se donne toujours à fond.
«Je n’ai jamais vu un joueur de 17 ans [Hischier en a eu 18 le 4 janvier] être si attentif aux moindres détails.»
Alors que le souvenir du Mondial junior commence à s’estomper, la performance de Hischier n’est pas sans rappeler celle de Nino Niederreiter, alors avec les WinterHawks de Portland, il y a sept ans. Évoluant maintenant pour le Wild du Minnesota, Niederreiter s’est tellement illustré au Mondial junior de 2010 à Saskatoon que la Suisse y a atteint le carré d’as et que lui-même a été appelé au 5e rang de la séance de sélection par les Islanders de New York. Jamais un hockeyeur suisse n’a été sélectionné si tôt, mais Hischier pourrait éclipser cette marque cet été à Chicago.
«Nous sommes au milieu d’une longue saison et je n’y pense pas vraiment, dit-il. J’aurai tout le temps de le faire à la fin de la saison.»
D’autres, cependant, pensent à la séance et au statut éventuel de Hischier.
«Il est sensationnel. C’est un fabricant de jeux hors pair et la connivence est grande entre lui et Max Fortier», affirme Kyle Woodlief, recruteur en chef de Red Line Report, en faisant allusion à son rapport dynamique avec son coéquipier des Mooseheads.
«Le seul problème, c’est sa croissance physique.»
Opinion que partagent Tourigny et Hischier lui-même. Selon Tourigny, le Suisse sera en mesure de développer un gabarit qui le rendra capable de mieux résister à l’usure inhérente au hockey professionnel.
«J’y travaille», de dire Hischier.Pour l’heure, Équipe Orr retient toute son attention, ainsi que la chance qu’il a de participer au Match des meilleurs espoirs Sherwin-Williams de la LCH/LNH.
«Pour moi, c’est un match très important parce qu’il se déroule sur une grande scène. C’est pour cette raison, justement, que je suis venu au Canada. Je suis emballé d’y participer.»
Par Peter Robinson





























