PLEINS FEUX SUR LES ANCIENS CARLSBERG – MARTY JOHNSTON
La carrière de Marty Johnston dans la LHJMQ s’est terminée, en quelque sorte, d’une façon aussi amère qu’inattendue. En tant que capitaine des Olympiques de Hull (maintenant Gatineau), il a mené une équipe ayant obtenu 55 points durant la saison au septième match de la finale de la Coupe du Président, en 1998-1999.
Bien que les Olympiques (il s’agit de l’équipe avec le plus faible taux de victoires à avoir remporté le championnat dans l’histoire de la Ligue) se sont inclinés face au Titan d’Acadie-Bathurst, c’est plutôt ce que son entraîneur-chef lui a dit après la rencontre qui a touché une touche de prophétie à un moment déjà chargé d’émotions.
« Claude Julien m’a fait entrer dans son bureau après ce match et m’a dit que je serais un bon entraîneur un jour, se souvient Johnston. Ce n’était pas exactement ce que j’espérais entendre, puisque je voulais jouer chez les professionnels, mais c’est la première personne qui m’a dit ça. »
Aujourd’hui, Julien et Johnston se retrouvent tous les deux en tant qu’adversaires sur des bancs de la LNH, comme l’avait laissé entendre le premier en 1999. Johnston en est actuellement à sa quatrième saison comme entraîneur adjoint des Jets de Winnipeg. Il s’agit de son plus récent défi dans une carrière réussie derrière le banc de 19 saisons, qui comprend aussi de longs passages avec les Ravens de Carleton (USPORTS) et le Moose du Manitoba dans la LAH. C’est également le plus récent chapitre de l’une des histoires individuelles les plus intéressantes du hockey. Quand Johnston est arrivé à Hull à l’automne 1996, tout était possible et rien n’était garanti.
« J’étais assez naïf, dit-il à propos de ses débuts dans la LHJMQ, lui qui était alors un ailier robuste, mais de petite taille sortant des rangs junior A de l’Ontario. Je n’avais pas vraiment d’attentes. Je suis simplement allé au camp et je voulais donner le meilleur de moi-même. »
Non seulement Johnston a joué un rôle important chez les Olympiques dans la conquête de la coupe Memorial le printemps suivant, à domicile, mais il a aussi commencé à apprendre des choses qui lui serviront plus tard comme entraîneur auprès de Julien, alors à sa première saison comme entraîneur-chef à Hull, et de Guy Lalonde, l’entraîneur de Johnston avec les Rangers de Gloucester et nouvel adjoint de Julien. Lalonde a joué un rôle déterminant afin que son jeune joueur obtienne une invitation au camp d’entraînement des Olympiques cette année-là.

Marty Johnston a remporté la coupe Memorial avec les Olympiques de Hull, en 1997
« Je me souviens que pendant la Coupe Memorial, nous avons perdu 7-6 contre Lethbridge dans le tournoi à la ronde après avoir mené 6-1, raconte Johnston. C’était un choc pour nous. Claude est entré dans le vestiaire après le match et il était très calme. Il nous a simplement dit de nous concentrer sur le prochain match. Il n’y avait pas de hurlements, ni de colère. J’ai énormément appris de ce moment. »
Après sa carrière junior, Johnston a passé trois ans à l’Université Dalhousie, où il a rencontré sa future épouse, obtenu un diplôme en Sciences politiques et a occupé le poste de capitaine des Tigers pendant deux saisons. Après quelques saisons dans la LAH et dans la ECHL, avant de passer la saison du lock-out 2004-2005 en Écosse, il était temps de prendre une décision.

Marty Johnston a travaillé de 2007 à 2017 pour le programme de hockey de l’Université Carleton
« Pendant ma dernière année comme joueur professionnel, je savais que le rêve d’atteindre la LNH ne se réaliserait probablement pas, mais je voulais demeurer dans le milieu, explique Johnston. Cette conversation avec Claude après le septième match a probablement influencé ma décision de me lancer dans une carrière d’entraîneur plus que toute autre chose. »
Cette expérience l’a mené à son poste actuel d’entraîneur adjoint, où le fait d’avoir un impact sur ses joueurs permet à Johnston, qui était un joueur à caractère offensif à l’époque, de transmettre son expérience aux plus jeunes.
« Ça me donne l’occasion de travailler individuellement avec nos joueurs, explique Johnston lorsqu’on lui demande quels sont les aspects les plus satisfaisants de son travail. « On peut passer du temps à travailler sur les habiletés individuelles et à gérer les hauts et les bas lorsqu’ils se présentent. Pour moi, la plus grande satisfaction, c’est de voir la progression des joueurs. »
Pourtant, même presque 30 ans plus tard, ces années dans la LHJMQ servent toujours de base solide pour Johnston. Il est reconnaissant envers Julien, Lalonde et Charles Henry (membre du Temple de la renommée de la LHJMQ et ancien dirigeant des Olympiques).
« Pour moi, à Hull, c’était un peu l’histoire de deux équipes », souligne-t-il. Je suis arrivé dans une équipe bâtie pour gagner la coupe Memorial, et nous l’avons gagnée. Lors de ma dernière année, nous étions dans les bas-fonds du classement, et nous avons finalement atteint la septième rencontre de la finale de la Ligue. Cela m’a montré, à un jeune âge, qu’il existe différentes façons de réussir. Mon parcours a été différent de la plupart des gens, mais j’en ai toujours été reconnaissant. »









































































