L’approche de Joël Perrault : une étape à la fois
La première fois que Joël Perrault a pris part à un match de saison régulière de la LHJMQ, c’était à Rimouski, en tant que joueur de 17 ans du Drakkar de Baie-Comeau. C’est aussi ce soir-là – le 14 septembre 2000, plus précisément – que l’Océanic hissait une bannière de la Coupe Memorial dans les hauteurs du Colisée.
Un quart de siècle plus tard, Perrault est de retour à Rimouski. Cette fois, il est l’entraîneur-chef des hôtes de la Coupe Memorial 2025, à la tête d’un groupe de joueurs désirant donner un peu de compagnie à cette même bannière.
« La vie est drôlement faite », remarque Perrault en riant. « J’ai marqué mon premier but (dans la LHJMQ) dans ce bâtiment. Si vous m’aviez dit il y a 25 ans que je serais l’entraîneur ici aujourd’hui, j’aurais répondu que c’est plutôt cool! »
Ce rire symbolise en quelque sorte l’histoire d’une progression qui allie conviction, passion et plaisir. Après une carrière de joueur étoile dans la LHJMQ, puis une brillante carrière professionnelle de 13 saisons, qui comprend 96 matchs dans la LNH, Perrault était prêt à passer à l’étape suivante.
Et il savait quelle serait son approche.
« Vers la fin de ma carrière de joueur, j’ai commencé à demander à mes entraîneurs ce qu’ils en pensaient », se souvient-il. « Je suis passionné par le sport et j’aime aider les autres. Même en tant que joueur, j’aimais aider mes coéquipiers quand je le pouvais. Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis dit que j’allais tenter ma chance [comme entraîneur]. »
« Pour moi, il était important de commencer au bas de l’échelle et de gagner ma place », poursuit Perrault. « Même si j’ai eu l’occasion de passer directement au junior majeur en tant qu’entraîneur adjoint, je voulais non seulement commencer à un niveau plus bas, mais aussi rester près de ma famille. C’est comme ça j’ai commencé à entraîner au niveau M15. »
Après six saisons combinées aux niveaux M15, Espoir et M18 – quelques-unes passées avec ses joueurs actuels Lou Lévesque et Mathieu Cataford – il était temps de faire le saut. Au moment de la nomination de Perrault, en 2023, l’Océanic était en quête des droits pour accueillir le tournoi de la Coupe Memorial de cette année, bien que la décision finale n’avait pas encore été rendue.
Une fois que cette possibilité est devenue réalité, Perrault et les membres de l’organisation ont assemblé un personnel de soutien qui se fie à sa grande expérience et à un formidable sens de la camaraderie pour faire avancer le club dans les meilleurs comme dans les pires moments. À ce point-là, les trois entraîneurs adjoints de l’Océanic – Donald Dufresne, Michel Ouellet et Jordan Caron – avaient déjà représenté la franchise, soit derrière le banc, soit sur la glace, à la Coupe Memorial.
« Nous avons un personnel extraordinaire ici », avoue Perrault. « Donald a été ici longtemps et je me fie beaucoup à son expérience. Quant à Michel, c’est un gars contre qui j’ai joué. C’était un joueur extraordinaire et c’est un excellent enseignant pour nos jeunes. Quant à Jordan Caron, il a de l’expérience dans la LNH et il était ici en tant que joueur en 2009 (la dernière fois que l’Océanic a accueilli le tournoi). Nous parlons à tous les jours de nos expériences passées et présentes, et de la façon de gérer nos joueurs. Honnêtement, on forme une équipe qui s’amuse. Nous comptons les uns sur les autres. Nous avons tous nos propres histoires, mais c’est quelque chose que nous pouvons mettre en commun pour aider nos joueurs à traverser une saison comme celle-ci. »
Jusqu’ici, Perrault et son personnel ont mené leur club jusqu’à la finale du trophée Gilles-Courteau 2025 malgré de nombreuses blessures et la pression unique à laquelle fait face l’équipe hôtesse à chaque année. Pour Perrault en particulier, il y a une autre source de soutien qui a rendu cette saison particulièrement spéciale.
« Ma femme et mes deux filles sont ici avec moi », souligne-t-il, l’émotion dans la voix. « L’an dernier, j’ai déménagé seul à Rimouski. Cette année, nous avons acheté une maison à Rimouski et nous profitons tous ensemble de cette nouvelle vie. Qu’ils fassent partie de la communauté et du parcours de l’équipe… qu’ils soient près de moi, à travers les hauts et les bas, c’est tellement important. »
La famille était au cœur des pensées de Perrault lorsqu’il se tenait derrière le banc avant l’ouverture du tournoi vendredi dernier. Il en était de même pour ses parents, qui profitent en personne de l’événement de cette semaine.
« J’ai aussi pensé à mes grands-parents, qui ne sont plus parmi nous, mais je crois qu’ils seraient très fiers de voir leur petit-fils derrière le banc de l’Océanic, c’est certain », ajoute-t-il.
Et puis il y a ces autres entraîneurs qui partagent la scène avec l’entraîneur de deuxième année de l’Océanic. Pendant que Perrault savoure ses plus grands moments en tant qu’entraîneur cette semaine, il fait face à un trio d’hommes – Gardiner MacDougall avec Moncton, Dale Hunter avec London et Willie Desjardins avec Medicine Hat – qui ont eu une liste apparemment sans fin de grands moments. Est-ce que c’est quelque chose auquel Perrault a songé?
« C’est assez fou de penser qu’il y a quelques années, j’étais entraîneur de hockey M15 et que je me retrouve maintenant à la Coupe Memorial face à certains des meilleurs entraîneurs au Canada », dit-il. « Mais, au final, ils ne sont que des hommes derrière le banc qui vivent les mêmes choses que moi. Ils ont juste vécu plus de choses! », ajoute-t-il en riant.
Peu importe l’enjeu ou les adversaires, Perrault comprend la nécessité de garder ses protégés maîtres de leur propre destin. Ce n’est pas toujours facile avec des joueurs de leur âge, mais cela fait partie du défi qu’il a accepté de relever jour après jour.
« C’est… je ne dirais pas que c’est un don », dit Perrault lorsqu’il essaie d’expliquer pourquoi il aime autant ce qu’il fait. « Mais je suis vraiment fier de voir la jeune génération de joueurs essayer d’accomplir quelque chose qu’ils ne savaient peut-être pas qu’ils pouvaient accomplir. Évidemment, je continue d’apprendre. Cette année a été une énorme année d’apprentissage. J’en profite vraiment. »
Perrault s’en tient toujours à son approche : une étape à la fois.












































































