LA ROUTE VERS LA RÉDEMPTION – Lucas Beckman savoure sa deuxième chance de remporter un titre
Au printemps 2024, Lucas Beckman occupait la meilleure place pour vivre la pire des expériences sur la glace. Âgé de 16 ans, il n’en était même pas techniquement à sa première saison (il n’avait disputé que sept matchs de saison régulière) et venait de voir son équipe, le Drakkar de Baie-Comeau, être balayé en quatre matchs face aux Voltigeurs de Drummondville lors de la finale du Trophée Gilles-Courteau.
C’est un sentiment qui l’a accompagné lorsqu’il a d’abord accédé au poste de numéro un à Baie-Comeau, puis lorsqu’il s’est joint à Chicoutimi en janvier. Aujourd’hui, alors qu’il tente pour une deuxième fois de remporter le titre des séries éliminatoires de la LHJMQ, Beckman garde les pieds sur terre avec les Saguenéens.
« J’ai pu voir ce qu’il fallait pour y arriver », dit-il à propos de sa précédente expérience face à un championnat potentiel.
« Malheureusement, nous avons perdu, et il y avait beaucoup de gars dans cette équipe pour qui c’était leur dernière chance de gagner, non seulement dans le junior, mais aussi dans leur carrière de hockeyeur. Avoir vu et ressenti cela, puis avoir aujourd’hui une nouvelle opportunité, cette fois à 18 ans, c’est vraiment spécial. Ce n’est pas quelque chose que je tiens pour acquis. »
Les Saguenéens l’ont clairement fait savoir : cette année, c’était l’année de Chicoutimi. Cinq années de construction allaient porter leurs fruits, d’une manière ou d’une autre. Et lorsque la période des échanges a débuté, Beckman a été l’un des nombreux joueurs à joindre le club. Oui, il y avait de la quantité. Mais il y avait aussi beaucoup de qualité.
« Ils ont bâti une équipe axée sur le leadership et l’identité »
« Les joueurs qu’ils ont acquis n’étaient pas seulement des joueurs étoiles. C’étaient aussi des leaders dans leurs équipes. », souligne Beckman. « Quand je suis arrivé ici, j’ai été très bien accueilli. Je connaissais déjà beaucoup de joueurs dans l’équipe, ainsi que le personnel et les entraîneurs. Et je pense que cela nous a aidés à nous souder très rapidement et à nous retrouver dans la position où nous sommes aujourd’hui. »
Renforcer l’attaque et solidifier la ligne bleue – deux choses que les Sags ont faites cette année – est une chose. Mais qu’en est-il entre les poteaux? Le vétéran gardien de but Raphaël Précourt a livré deux saisons et demie très solides pour le bleu et blanc, mais n’a pas disputé de match depuis le 21 mars dernier. Comment la dynamique a-t-elle évolué entre deux adolescents habitués à être les piliers de l’équipe?
« Depuis mon arrivée, on s’entend super bien », explique Beckman. « En gros, il pourrait très bien être le gardien partant en ce moment, mais cela n’a jamais affecté notre amitié ni notre relation. On se motive mutuellement. C’est ce que j’ai dit dès le premier jour où je suis arrivé : que j’allais le pousser à faire mieux et qu’il allait me pousser à faire mieux, autant pendant les matchs que les entraînements. Cela n’a eu que des effets positifs. »
Beckman a bel et bien été l’homme de la situation, affichant un bilan global de 23 victoires et 2 défaites à l’aube de la finale, pour une équipe des Saguenéens qui attendait depuis une génération d’atteindre le dernier tour des séries. Lorsqu’il a remporté le deuxième match de la série actuelle contre Moncton, il est devenu le premier gardien des Sags à s’imposer en finale depuis Éric Fichaud, en 1994. Pour un club riche en histoire, Beckman prend le contexte historique de ses exploits avec philosophie.
« C’est spécial, c’est certain », admet-il. « Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli jusqu’à présent, mais ce n’est vraiment pas fini. »
« Nous voulons entrer dans l’histoire en tant que vainqueurs et rendre la région du Saguenay bien fière. »
Il ne fait aucun doute que les partisans qui remplissent le Centre Georges-Vézina sont sur un petit nuage grâce à Beckman et à ses coéquipiers. Mais il reste du travail à faire face à une équipe des Wildcats qui a déjà été dans cette situation. Si une troisième bannière du trophée Gilles-Courteau venait à être hissée dans les hauteurs de cet aréna historique, qu’est-ce qui pourrait bien faire la différence?
« Je pense qu’il y a deux choses », réfléchit Beckman. « Il y a notre responsabilité. Je pense que nous avons une équipe qui, quel que soit le pointage, joue toujours de la même manière. Nous ne trichons pas. Nous nous concentrons sur la défensive. De plus, nous faisons jouer tous nos joueurs. Nous roulons à quatre lignes, ce qui pourrait aider à éviter les blessures pour tout le monde. Cela pourrait éventuellement nous donner l’avantage dans une longue série. »
Mais comme il l’a appris lorsqu’il était encore un nouveau venu dans la LHJMQ, Beckman ne va pas se soucier de la 16e victoire tant que les autres ne sont pas définitivement acquises.
« Nous ne nous contentons pas d’avoir atteint la finale », a-t-il déclaré.
« Nous sommes là pour la remporter. »













































































