Deux no.7, deux Chouinard avec le chandail retiré par les Remparts
Le 17 décembre 2016, Guy Chouinard était rempli de fierté de voir son chandail numéro 7 être hissé dans les hauteurs du Centre Vidéotron par les Remparts de Québec.
Mais au plus profond de lui-même, il souhaitait également une chose : que le chandail de son fils rejoindrait le sien un jour.
C’est maintenant fait. Éric Chouinard a vu son numéro, qui était également le 7, être retiré par les Remparts lors d’une cérémonie avant la rencontre contre les Olympiques de Gatineau, samedi, au Centre Vidéotron. Un moment très émotif autant pour le fils que pour le père, aux premières loges pour assister à tout ça.
C'est fait!
Éric Chouinard est maintenant un immortel des @quebec_remparts : son numéro 7 est dans les hauteurs du Centre Vidéotron! 🎆 🎆 🎆@CanadiensMTL #GoHabsGo pic.twitter.com/GsF50KTe0N
— Ligue canadienne de hockey (@LCHhockey) March 9, 2024
«C’était un super beau moment, a affirmé Éric Chouinard, membre des Remparts de 1997-1998 à 1999-2000. J’ai tellement passé de belles années ici, à Québec. C’est une très belle reconnaissance.»
Il faut dire que les Remparts représentent l’une des, sinon l’aspect le plus important dans la famille Chouinard. Le père, Guy, a obtenu 359 points en 179 rencontres avec la première version de l’équipe, entre 1971 et 1974, d’où le retrait de son chandail en 2016.
Mais il y a également son père, et le grand-père d’Éric, André Chouinard : il faisait partie des actionnaires qui ont mené à la venue des Remparts à Québec, en 1969.
«C’est certain qu’avec l’historique de la famille Chouinard, mon père était très émotif», a reconnu le petit-fils.
Voyez le mini-documentaire préparé par la LHJMQ sur le lien entre les Remparts et la famille Chouinard ici.
Éric, lui, était un choix de deuxième tour du Titan de Laval au repêchage de la LHJMQ de 1996.
Mais en 1997, les Harfangs de Beauport ont déménagé à Québec, et la deuxième version des Remparts a pris naissance. Ces derniers ont aussitôt fait une transaction pour obtenir Éric Chouinard. Le reste est connu : il détient le record des Remparts pour les points, avec 297 points en 181 matchs, ainsi que les buts (148). Il a notamment connu une campagne de 109 points, en 1998-1999. Tout ça, avec le même numéro que son père : le numéro 7.
Mais justement : avec un tel nom de famille aussi reconnu dans la ville, est-ce qu’il pouvait y avoir une certaine pression de jouer non seulement dans la Vieille Capitale, mais avec ce numéro dans le dos?
«Probablement, a mentionné la vedette de la journée. J’ai grandi en entendant parler des Remparts. En même temps, dès qu’ils ont fait mon acquisition, il était clair pour moi que je devais porter le numéro de mon père, pour continuer la tradition familiale.»
«Une autre façon de nous comparer!»
Pour les partisans des Remparts, la réputation d’Éric Chouinard en tant que légende de l’équipe n’est plus à faire. Mais pour plusieurs, il est davantage reconnu comme le premier choix des Canadiens de Montréal dans la LNH, 16e au total du repêchage de 1998. Il devait être le sauveur, d’autant plus que les Canadiens connaissaient des difficultés depuis quelques années.
Mais finalement, celui qui est né à Atlanta n’aura passé qu’une saison, et 13 matchs avec le Tricolore. Au total, il aura passé 90 rencontres dans la LNH, avec le CH, les Flyers de Philadelphie et le Wild du Minnesota.
«Je m’en fais souvent parler, et les gens me lancent que je n’ai pas joué beaucoup de matchs dans la LNH, explique Chouinard. Mais je me dis souvent : si on m’avait donné la chance de jouer dans ce circuit lorsque j’avais 14 ans, je l’aurais pris. Parfois, je dois prendre du recul en regardant les choses. Pleins de jeunes joueurs de hockey et d’adultes auraient seulement rêvé de ne disputer d’une rencontre dans la LNH.
«De mon côté, j’ai pu jouer 18 saisons professionnelles, et j’ai pu gagner ma vie avec le hockey. J’en suis très fier, et ça a été une aventure magnifique. Je me suis promené partout dans le monde, j’ai des amis partout.»
L’une des raisons pour laquelle les amateurs sont souvent amers par rapport au passage de Chouinard avec les Canadiens, c’est qu’ils ont levé le nez sur Simon Gagné, repêché 22e par les Flyers. Ce dernier a finalement connu une magnifique carrière de 822 matchs et 14 saisons dans la LNH. Surtout que Gagné était le coéquipier de Chouinard avec les Remparts, de 1997 à 1999.
D’ailleurs, c’est Gagné, maintenant directeur général des Diables Rouges, qui avait fait l’annonce à son ancien coéquipier quant au retrait de son chandail numéro 7. Et samedi, il était assis à sa droite pendant la cérémonie.
«Nous parlons beaucoup de mon père, mais lorsque mon chandail était hissé au plafond, je pensais au moment où j’étais petit, a dit Éric Chouinard. Moi et Simon, ça remonte à l’époque où nous étions au niveau Atome, nous avons joué notre hockey mineur ensemble. Nous avons tellement vécu de beaux souvenirs. Nous avons gagné partout où nous sommes passés.»
Et celui qui a vu son chandail numéro 7 être hissé dans les hauteurs du Centre Vidéotron n’a pas manqué de taquiner son ancien coéquipier.
«On était dûs pour nous faire comparer un peu. Je suis sûr qu’on trouvera une façon de comparer ma bannière à la tienne!» Il faisait référence au numéro 12 de Gagné, également dans les hauteurs du Centre Vidéotron.
Excellent sens de l’humour
Davantage rieur qu’émotif tout au long de la journée, Éric Chouinard avait également un petit message pour les joueurs des Remparts et des Olympiques. Tout ça, évidemment, sans être sérieux.
«Les ‘’boys’’, j’aimerais passer une journée tranquille, sans coups de bâton ni de mises en échec à la tête! Je veux du jeu physique, mais propre!», a lancé dans son discours celui qui est maintenant préfet de discipline pour la LHJMQ.
«Quant aux officiels, j’ai un message : une soirée sans se parler, ce serait le bienvenu!»
Excellente nouvelle pour Éric Chouinard : tout s’est bien passé, et il a pu vivre une journée mémorable.











































































