DERNIER TOUR DE PISTE POUR LA PREMIÈRE PIÈCE – Le long parcours d’Emmanuel Vermette vers la victoire
À l’été 2021, les Saguenéens de Chicoutimi étaient prêts à tourner la page sur deux saisons marquées à la fois par des succès impressionnants et des revers incessants. Alors que la pandémie planait sur tout, l’organisation a fait un premier pas vers un retour au sommet en investissant son premier choix au repêchage de cette année-là – en deuxième ronde, 35e au total – sur un jeune qui, comme le reste de sa cuvée, avait à peine foulé la glace l’année précédente.
Ce jeune, c’était Emmanuel Vermette.
Aujourd’hui, le jeune homme de 21 ans revient sur cinq saisons de progression dans le gilet bleu et blanc, sur la façon dont tout a commencé et sur ce dont il a eu besoin pour franchir ces premiers pas difficiles dans le monde du hockey junior majeur.
« Pour moi, en tant qu’attaquant de puissance arrivé à 16 ans, sans avoir joué la saison précédente, ça a été difficile », se souvient Vermette. « Il m’a fallu un peu plus de temps qu’à certains autres pour m’adapter et être capable de jouer mon style de jeu. Mais Yanick et notre personnel d’entraîneurs ont été formidables. Ils ont été très patients avec moi et m’ont apporté tout le soutien dont j’avais besoin. »
L’entraîneur-chef Yanick Jean a constaté une progression fantastique chez celui qui porte désormais le « C » pour les champions de la LHJMQ de cette année. Une partie du mérite revient à la fois à la volonté d’Emmanuel Vermette de s’améliorer et aux anciens joueurs qui l’ont aidé à atteindre le niveau auquel il est rendu aujourd’hui.
« Il a fait d’énormes progrès », souligne Jean. « Le défi pour Emmanuel était la constance. Il est arrivé chez nous tout droit issu du niveau M15 et cela a parfois été difficile pour lui. Mais il a tellement gagné en maturité en tant que joueur et surtout en tant que leader. Des joueurs comme (les anciens capitaines des Saguenéens) Jonathan Desrosiers et Kassim Gaudet l’ont vraiment aidé tout au long de son parcours. »
Vermette a en effet parcouru un bon bout de chemin, obtenant une moyenne de plus d’un point par match pour une deuxième saison consécutive et inscrivant dix buts lors de la course au championnat des Sags. L’ailier originaire de Québec a couronné la finale avec un but et une passe dans la victoire de Chicoutimi contre Moncton lors du sixième match, disputé à domicile. Tout comme son entraîneur-chef, Vermette n’hésite pas à rendre hommage à tous ceux qui l’ont entouré au fil des ans dans la quête du titre du club, ainsi qu’à ceux qui veillent à ce que le groupe reste concentré sur cet objectif.
« C’est vraiment important pour nous d’avoir ici non seulement de bons joueurs, mais aussi des bonnes personnes », explique-t-il. « Yanick veille à ce que chaque joueur qui arrive ici soit avant tout quelqu’un de bien. Cette année, nous avons acquis des gars qui étaient capitaines ou capitaines adjoints dans leurs équipes précédentes et qui, bien entendu, allaient devoir endosser un rôle moins important chez nous. Mais tout le monde en était conscient, et tous ceux qui sont arrivés ici étaient prêts à l’accepter. Ça a vraiment facilité les choses que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Tout le monde avait le même objectif, donc tout s’est parfaitement mis en place. »
Ils se sont également attiré la sympathie des partisans de Chicoutimi, dont le rêve de remporter le trophée Gilles-Courteau après 32 ans de disette s’est enfin réalisé. Vermette a vécu les hauts et les bas des cinq dernières années aux côtés de ces mordus des Sags, dont beaucoup avaient les larmes aux yeux lorsque le trophée a fait son apparition au centre de la patinoire le soir du 17 mai. Il comprend parfaitement ce que ce triomphe signifie pour ceux qui l’ont soutenu ces dernières années.
« C’est une vraie ville de hockey », déclare Vermette. « Toute la ville vit au rythme des Sags et l’ambiance est incroyable. Au fil des ans, nous avons connu des périodes difficiles, mais les fans ont toujours soutenu l’équipe. C’est une ville formidable pour jouer son junior. Ici, tout est de première classe. »
C’est donc devant ces supporters émus que Vermette est devenu le troisième joueur seulement, en plus de cinq décennies d’histoire de la franchise des Saguenéens, à se voir remettre le trophée du championnat de la LHJMQ pour le brandir bien haut. Qu’est-ce qui peut bien passer par la tête d’un joueur lorsqu’il peut le soulever à bout de bras à sa cinquième saison?
« Tout d’abord, c’est un rêve qui devient réalité », déclare Vermette sans hésiter. « C’est quelque chose que je rêvais de vivre depuis que je suis tout petit. La première chose qui m’est venue à l’esprit, ce sont mes parents. Ils ont tant fait pour moi depuis que je suis tout petit, toutes ces heures et tout ce temps qu’ils m’ont consacrés. C’est quelque chose que je ne pourrai jamais leur rendre, et c’est pour ça que je les aime. »
Vermette n’hésite pas non plus lorsqu’il pense à tout ce qui va lui manquer en quittant cet endroit qu’il a considéré comme son deuxième foyer ces dernières années, d’abord pour Kelowna, en Colombie-Britannique, et la Coupe Memorial 2026 présentée par Kubota, puis pour les prochaines étapes de sa vie personnelle et de sa carrière au hockey.
L’aréna, les gens, ses frères dans le vestiaire. Tout cela occupe ses pensées. Et tout cela se reflète dans les commentaires de son entraîneur-chef, qui a fait de lui la première pièce en assemblant un futur club de champions.
« Après cinq ans, nous avons tissé un lien formidable. Je vais être triste de le voir partir. Mais en même temps, il dispose désormais d’outils formidables qu’il pourra utiliser toute sa vie. »










































































