Philippe Maillet en tête
Philippe Maillet en tête d’une lutte à quatre
Il y a à peine deux mois, les Tigres de Victoriaville échangeaient leur capitaine. Philip-Michaël Devos, trônant au sommet des meilleurs pointeurs du circuit, prenait le chemin de Gatineau durant les dernières minutes de la période des transactions dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
Les Tigres étant privés de leur meilleur joueur, plusieurs se demandaient comment l’entraîneur-chef Yanick Jean parviendrait à combler la trentaine de minutes par match que lui donnait l’ancien numéro 8, sa production de quelque 1,78 point par rencontre de même son rendement exemplaire dans toutes les phases du jeu. Jean avait alors souligné l’importance de voir les jeunes joueurs de l’équipe prendre les bouchées doubles.
« On devra s’ajuster. Je perds un allié de taille. Philip occupait une place très importante dans le vestiaire. Il guidait les autres. J’espère que les jeunes joueurs de l’équipe s’en inspireront », avait-il lancé.
Une vingtaine de matchs après cette transaction, on constate que le message de l’entraîneur semble avoir été entendu. Les Tigres, sans Devos, ont signé 13 victoires en 23 sorties. Ils en avaient enregistrées 20 en 41 affrontements plus tôt cette saison.
S’il faut en croire les propos du pilote des Victoriavillois, ce n’est pas tant le départ de Devos, qui figure toujours au sommet des pointeurs du circuit avec 107 points, mais plutôt la forte progression de certains joueurs qui explique le succès des félins. Jean mise d’ailleurs sur l’une des attaques les plus équilibrées du circuit.
« Jérôme (Mésonéro) a fait un travail remarquable au cours de la période des transactions pour colmater les brèches dans notre alignement. Il nous a donné plus de profondeur. De plus, certains joueurs ont considérablement élevé leur niveau de jeu. C’est le cas, entre autres, de Samuel Groulx, qui a pris les choses en main. Plusieurs attaquants ont aussi élevé leur jeu d’un cran », a expliqué Jean.
Une lutte à quatre
L’attaque des Tigres est bien équilibrée comme en fait foi le fait que quatre joueurs luttes pour le championnat des pointeurs au sein de l’équipe. Philippe Maillet, âgé de 18 ans, avec une récolte de 67 points en 63 matchs, a pris la place de Devos en tête du classement. Il est suivi de près par Yanni Gourde (66 points), Brandon Hynes (64 points) ainsi que Phillip Danault (63 points). Avec quatre matchs à disputer avant la fin du calendrier régulier, on s’attend à ce que le champion pointeur des Tigres ne soit couronné qu’à l’issue du dernier duel. « Philip (Devos) faisait tout sur la glace. Avec son départ, plusieurs d’entre nous se sont vus confier plus de responsabilités pour combler sa perte. J’avoue être un peu surpris de me retrouver en tête du classement des pointeurs, mais il faut dire que c’est en grande partie grâce à mes compagnons de trio », a fait valoir Maillet, un choix de septième ronde des Tigres en 2009. Maillet, qui a connu une éclosion en séries éliminatoires l’an dernier, s’avère d’ailleurs une belle prise des Tigres. Sa progression n’est toutefois pas surprenante puisqu’il aurait sans doute été réclamé plus hâtivement s’il n’avait pas ouvert la porte aux rangs collégiaux américains. Certains recruteurs estiment même qu’il avait le talent pour être réclamé au premier tour en 2009 lors des assises. « Mon choix n’était pas encore arrêté. Je tenais à être transparent avec les recruteurs qui me rencontraient avant le repêchage. Quand les Tigres m’ont sélectionné, je leur ai d’ailleurs précisé que je souhaitais amorcer la saison au niveau midget AAA pour me donner du temps pour faire mon choix. C’est en cours de saison que j’ai finalement décidé d’évoluer dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Plus d’un an plus tard, je ne regrette en rien ma décision », a-t-il raconté.
La tête aux séries
La lutte à l’interne chez les francs tireurs des Tigres est également très serrée. Brandon Hynes a touché la cible à 31 reprises alors que le vétéran Guillaume Goulet a enfilé l’aiguille à 30 occasions. Maillet, pour sa part, a fait mouche 29 fois. « J’entends peu parler de ces luttes dans le vestiaire. À ce point-ci de la saison, on sent que les joueurs sont davantage concentrés sur le succès collectif », précise Yanick Jean, qui admet, toutefois, qu’il a rarement vu une lutte à quatre comme celle-ci. Ce n’est pas le championnat des pointeurs qui suscite actuellement le plus d’intérêt dans l’entourage de l’équipe, mais plutôt l’adversaire des Tigres au premier tour éliminatoire. La nouvelle formule de séries, qui détermine les affrontements de la première ronde en se basant sur le classement général, fait en sorte qu’on ne connaît toujours pas l’identité de la formation qui se mesurera aux Tigres au premier tour, et ce, à peine deux semaines avant la fin de la saison régulière. «Par le passé, on connaissait notre adversaire bien avant. On sent une certaine fébrilité», a conclu Yanick Jean.







































































