UN HOMME DE CULTURE – Yanick Jean est de retour au sommet, riche en expérience
Lorsque Yanick Jean est revenu chez lui, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a 12 saisons pour occuper les fonctions d’entraîneur-chef et de directeur général des Saguenéens de Chicoutimi, ramener un championnat dans la région était évidemment sa priorité numéro un.
Après tout, Jean ne connaît que trop bien ce sentiment. Il était défenseur au sein de l’équipe de 1994, la dernière formation des Sags à avoir remporté un titre. Jusqu’à il y a environ une semaine, c’était l’une des deux seules équipes de Chicoutimi à être sorties de la LHJMQ en tant que championnes.
Jean voit-il des similitudes entre l’équipe pour laquelle il a tout donné en défense et celle qu’il a façonnée via des repêchages, des négociations de transactions et derrière le banc?
« La chimie est très similaire », confirme-t-il. « Une fois qu’on a gagné, on est frères pour la vie. » Pour Jean, le talent qu’il a actuellement réuni à Chicoutimi est évident pour quiconque a déjà regardé un match ou lu une feuille de statistiques. Mais c’est l’ambiance au sein de ce groupe que l’homme de 50 ans originaire d’Alma s’est particulièrement efforcé de cultiver alors que les Saguenéens grimpaient régulièrement au classement au cours des cinq dernières saisons.
« Nous avons mis l’accent sur une culture positive », souligne Jean. « Nous voulons que ce soit un plaisir d’être ici. »
Bien sûr, rien n’est plus amusant que de gagner.
Mais la dernière fois que Jean a tenté de bâtir une équipe gagnante, c’était une pandémie mondiale, et non une équipe rivale, qui a fait dérailler les chances des Sags. L’édition 2019-2020 n’a jamais eu l’occasion de tester ses capacités en séries éliminatoires en raison des interruptions liées à la COVID. Toujours solide l’année suivante, le club a été stoppé en demi-finales lors des séries « en bulle » organisées au Québec. Ce fut une période qui a mis à l’épreuve la détermination de Jean et des Saguenéens, tout en renforçant le mantra que le club et son entraîneur-chef ne manquent pas de vanter.
« Il a fallu du temps pour s’en remettre, mais finalement, nous avons tourné la page », se souvient-il. « En fait, quand on doit vivre ça, on se rend compte à quel point la culture est importante. Ça permet d’apprécier davantage le processus. Ce n’est pas comme si les cinq dernières années avaient toutes été difficiles, mais on apprécie les étapes qu’il a fallu franchir. Cela dit, la culture doit passer avant tout. Comme ça, même si ça ne marche pas au final, on apprécie quand même le processus. »
Ce processus n’a pas seulement consisté à former et à développer méthodiquement des joueurs clés. Il a également donné lieu à des acquisitions ciblées à travers la ligue. Pas seulement des joueurs de haut niveau, mais aussi des personnalités de premier plan. Quatre des joueurs acquis par le club – l’attaquant Mavrick Lachance et les défenseurs Tomas Lavoie, Alexis Bernier et Jordan Tourigny – faisaient tous partie des groupes de leaders de leur ancienne équipe. Ce n’est pas une coïncidence.
« Nous avions fait nos devoirs pendant des années », explique Jean. « Nous avons suivi tous ces gars de près. La liste des joueurs que nous avions à l’œil était courte. Nous ne voulions pas seulement des gars talentueux, nous voulions qu’ils soient capables de laisser leur ego à la porte. »
Laisser son ego à la porte, voilà un principe que Jean prône depuis des années.
Cette fois-ci, cela revêtait une importance particulière. En effet, les Saguenéens ont procédé à des changements en cours de saison plus importants que jamais depuis que Jean est avec le club. Il fallait trouver un terrain d’entente avec un groupe d’adolescents qui n’avaient connu que le statut de vedettes dans leurs équipes précédentes.
« C’est une question d’acceptation des rôles », explique Jean. « Nous avons des joueurs comme Colby Train et Gryphon Watson-Bucci, âgés de 19 ans, qui n’entrent dans l’alignement qu’en cas de blessures. D’autres joueurs, habitués à jouer 30 minutes, n’en jouent que 22 ici. Nous avons demandé à tout le monde : “Êtes-vous prêts à voir votre temps de glace réduit?” Tout le monde a répondu oui. »
Ce à quoi ces joueurs se sont inévitablement engagés, c’est de remporter un championnat.
Au final, personne ne se souvient de qui a joué le plus de minutes, ou qui était sur la glace pour le plus grand nombre de mises en jeu en zone défensive. Mais une bague de championnat, ça se porte pour toujours. Tous les noms qui forment l’équipe de Chicoutimi de cette année seront inscrits sur la bannière – voire les bannières – qui sera accrochée dans les hauteurs du Centre Georges-Vézina l’automne prochain.
Personne au sein de l’organisation n’apprécie cela davantage que celui qui prend place derrière le banc.
« Nous avions environ 10 ou 12 joueurs de l’équipe de 1994 dans l’aréna à un moment ou à un autre pendant la finale », mentionne Jean avec fierté. « On veut que le groupe de joueurs que nous avons ici, dans 30 ans, se souvienne de cette saison de la même manière que ce groupe s’en souvient aujourd’hui. »
(Crédit photo : Steve Dunsmoor)







































































