Entre Slovaquie et Chicoutimi: Matej Kaslik
30 juin 2020.
Je suis sur la patinoire avec l’équipe nationale slovaque des moins de 20 ans et la pratique vient tout juste de débuter.
Du coin de l’œil, j’aperçois rapidement notre préposé à l’équipement embarquer sur la glace pour venir nous rejoindre.
Étant donné le décalage horaire, au Canada, le repêchage européen annuel de la Ligue canadienne de hockey avait lieu.
Le préposé a une nouvelle à m’annoncer…
Au 47e rang, les Saguenéens de Chicoutimi sont fiers de sélectionner… Matej Kašlík.
Matej? C’est moi!
Sur la patinoire, entouré de mes coéquipiers, j’apprends que je fais désormais partie de la grande famille des Saguenéens.
Ç’a toujours été un rêve pour moi, de joueur au Canada. Évidemment, les meilleurs joueurs d’âge junior sont ici, mais les gens respirent et vivent pour le hockey.
Je ne pouvais être plus heureux.
Chicoutimi, c’est bien loin de chez moi, à Púchov en Slovaquie, mais peu importe, ce rêve-là n’allait pas m’échapper, surtout lorsqu’il s’agit de jouer pour une organisation comme celle des Saguenéens et dans une ville comme Chicoutimi.
Même si je ne connaissais que très peu la ville et l’équipe. On m’en a dit beaucoup de bien. Les Saguenéens? Une grande équipe avec une grande histoire. Et Chicoutimi? Une belle ville avec des habitants chaleureux.
En théorie, je suis supposé être ici depuis l’été dernier.
Malheureusement, la pandémie a repoussé mon arrivée de quelques mois.
Pendant la période des fêtes, j’ai voyagé. Pour la première fois de ma vie, j’allais au Canada, non pas à Chicoutimi, mais à Edmonton pour le Championnat mondial junior.
Je sais que c’est une religion ici, ce tournoi. Laissez-moi vous dire que je suis honoré d’avoir eu la chance de représenter mon pays, la Slovaquie, lors de ces quelques semaines.
C’était fantastique de pouvoir me mesurer aux meilleurs joueurs d’âge junior au monde. J’ai créé des souvenirs impérissables avec mes coéquipiers et j’ai même eu un avant-goût du Saguenay alors que j’ai pu affronter mon nouveau coéquipier Dawson Mercer lors d’un match contre l’équipe canadienne!
Alors que j’étais à Edmonton, la possibilité de venir, ici, à Chicoutimi, est devenue bien réelle. Le directeur général et entraîneur de l’équipe, Yanick Jean, m’a appelé pour m’offrir l’opportunité d’accomplir ce fameux rêve.
Je n’ai pas pu résister.
Si bien que quelques jours seulement après la fin du Mondial Junior, je débarquais en terre saguenéenne.
Le 3 janvier, le coach, Yanick Jean, venait m’accueillir à l’aéroport de Québec.
Depuis deux semaines, je suis ici, chez vous.
D’où je viens, à Púchov, une ville de 18 000 habitants dans la région de Trenčín au nord-ouest de la Slovaquie, la langue est différente, évidemment, tout comme la nourriture. À l’instar de la tourtière ici, en Slovaquie, un des plats les plus populaires est le Bryndzové Halusky, sorte de quenelles de pommes de terre bouillies avec du fromage de chèvre et un peu de bacon.
Il y a aussi ma famille qui me manque. Mes deux grands frères me manquent aussi, mais vous savez, c’est la troisième année de suite que j’habite loin de la maison familiale.
Avant de joindre les Saguenéens, j’ai passé les deux dernières saisons à Malmö en Suède avec les équipes U18 et U20 des Redhawks, l’équipe professionnelle de la ville.
Je commence à m’habituer tranquillement à la vie solitaire, même si je n’ai que 18 ans.
Mais rassurez-vous! Ma famille de pension est incroyable. Ils m’aident tous avec tellement de gentillesse et de bienveillance… je suis choyé de les avoir.
Je suis toujours en quarantaine, comme l’indique le protocole de la ligue, mais vous ne pouvez même pas vous m’imaginer à quel point j’ai hâte de fouler la patinoire et de rencontrer mes nouveaux coéquipiers.
Dans cette situation si complexe, remplie d’inconnu, une chose me garde les pieds sur terre.
Le hockey.
Avec tout ce qui se passe, je me suis fixé un objectif : je souhaite disputer chaque rencontre avec les Saguenéens et de le faire au meilleur de mes capacités.
Donner le maximum, c’est important pour moi, que ce soit pour aider l’équipe lors des matchs ou des pratiques.
Je me décris comme un bon patineur, efficace dans les deux sens de la patinoire, un attaquant assez polyvalent. Capable de marquer ou de créer des jeux. Lorsqu’une opportunité de marquer se présente, je sais comment enfiler l’aiguille.
J’ai accompli un rêve en venant ici, jouer pour les Saguenéens, mais je sais très bien qu’il ne serait pas complètement accompli si je ne donne pas tout ce que j’ai pour vous, chers partisans.
Et j’ai si hâte de le faire.
Alors, au travail!













































































