L’incroyable saison de l’édition 2025-26 des Saguenéens de Chicoutimi
Des records collectifs aux exploits individuels, retour sur une saison qui a redéfini les standards des Saguenéens de Chicoutimi et marqué l’histoire de la franchise.
Quand une saison se termine, les souvenirs ont souvent tendance à effacer les chiffres. On se rappelle davantage des émotions que des statistiques. On se rappelle d’un but marqué au bon moment, d’une foule qui se lève, d’un printemps qui semble durer plus longtemps qu’il ne devrait. Mais parfois, une équipe réussit quelque chose de plus rare : elle fait en sorte que les émotions et les chiffres racontent exactement la même histoire. C’est ce qu’a accompli l’édition 2025-26 des Saguenéens de Chicoutimi. Pendant plusieurs mois, les Saguenéens n’ont pas seulement gagné des matchs. Ils ont repoussé des limites qui semblaient installées depuis des décennies dans l’histoire de l’organisation. Ce qui devait être une excellente saison est tranquillement devenu une campagne historique.
Une équipe qui a redéfini ce qu’était l’excellence à Chicoutimi
Au fil des saisons, chaque organisation développe ses repères. Certaines équipes deviennent les références auxquelles toutes les autres sont comparées. Chez les Saguenéens, certaines éditions avaient traversé les époques : les formations du début des années 1990, les grands groupes du milieu des années 2000, les parcours éliminatoires qui ont façonné l’identité du club. Puis est arrivée l’édition 2025-26. Sans bruit au départ, cette équipe a commencé à accumuler des performances qui forçaient constamment le regard vers le livre des records. Les victoires se sont multipliées, les séquences se sont installées et, tranquillement, les comparatifs historiques ont changé de direction. On ne comparait plus les Saguenéens aux autres équipes de la ligue. On comparait les autres éditions des Saguenéens à celle-ci. Avec un pourcentage de victoires de ,766, la formation a établi un nouveau sommet dans l’histoire de la franchise. Plus impressionnant encore, elle est devenue la première équipe des Saguenéens à franchir le cap symbolique de ,800 au chapitre du pourcentage de points (0,805). Même à l’extérieur du Centre Georges-Vézina, là où les saisons se compliquent souvent, les Saguenéens ont imposé leur rythme en établissant un nouveau record de victoires sur la route avec 24, deux victoires de plus que le record précédent.
Une attaque capable de transformer une soirée ordinaire en événement
Les grandes équipes offensives produisent des statistiques impressionnantes. Les équipes historiques produisent des matchs dont les gens se rappellent encore des années plus tard. La saison 2025-26 aura offert plusieurs de ces soirées. Le 27 février face aux Voltigeurs de Drummondville, les Saguenéens ont marqué 13 buts dans un match, atteignant ce plateau pour la première fois depuis 1992-93.. Dix jours plus tard, ils ont encore repoussé les limites avec une victoire de 14-2 contre Charlottetown. Ces rencontres ont attiré l’attention, mais elles ne racontent pas toute l’histoire. À partir du match face aux Voltigeurs jusqu’aux quatre suivants, les Saguenéens ont marqué 54 buts. Un exploit jamais vu dans la LHJMQ depuis 1979. Les cinq matchs se résument comme suit:
- 27 février : victoire de 13 à 1 contre les Voltigeurs de Drummondville
- 1er mars : victoire de 10 à 3 sur l’Océanic de Rimouski
- 5 mars : victoire de 7 à 0 face aux Olympiques de Gatineau
- 7 mars : victoire de 14 à 2 contre les Islanders de Charlottetown
- 8 mars : victoire de 10 à 0 sur les Tigres de Victoriaville
L’attaque des Saguenéens s’est surtout démarquée par sa constance et sa capacité à frapper dans toutes les situations. L’avantage numérique est devenu une arme majeure, atteignant un rendement historique de 32,5 %, le meilleur de l’histoire de la franchise. À sept reprises durant la saison, l’équipe a inscrit au moins trois buts dans une même rencontre avec un homme en plus. Ce n’était pas une attaque qui attendait ses occasions. C’était une attaque qui créait ses propres vagues.
Une équipe qui a bâti son identité en défendant
Ce qui rend cette édition unique, toutefois, n’est pas uniquement sa capacité à marquer. C’est qu’elle a probablement été encore meilleure lorsqu’elle n’avait pas la rondelle. Les Saguenéens ont terminé la saison avec seulement 150 buts accordés — le meilleur rendement défensif jamais enregistré par l’organisation sur une saison complète et le meilleur au Canada lors de cette campagne. Cette rigueur s’est traduite par une série de blanchissages qui a rapidement pris une ampleur historique. Match après match, le total augmentait jusqu’à atteindre 11 jeux blancs, un nouveau record de franchise qui est aussi venu égaler le record absolu de la LHJMQ. Derrière ces performances se trouvait une structure défensive collective exceptionnelle, mais aussi des gardiens capables de soutenir le rythme imposé. Raphaël Précourt a contribué à établir cette base pendant la saison régulière avant que Lucas Beckman ne prenne le relais au printemps avec une série de performances qui allaient inscrire son nom parmi les meilleures séquences éliminatoires de l’histoire récente de l’équipe.
Les records collectifs racontent une équipe. Les records individuels racontent ceux qui l’ont portée.
Chaque grande saison finit par produire des joueurs qu’on associe immédiatement à son identité. Chez les Saguenéens, plusieurs noms resteront attachés à cette campagne. Maxim Massé a continué de bâtir un héritage offensif rare dans l’histoire de la franchise. Son différentiel sur une saison est devenu le nouveau standard des Saguenéens, il a établi un nouveau record pour les buts gagnants en carrière et il a poursuivi sa progression jusqu’à intégrer le cercle très fermé des 100 meilleurs buteurs de l’histoire de la LHJMQ. Emmanuel Vermette a lui aussi laissé sa marque avec une saison qui l’a vu dépasser d’anciens standards de franchise tout en franchissant le plateau des 300 matchs dans la Ligue. Du côté de la brigade défensive, Alex Huang a établi une nouvelle référence au différentiel pour un défenseur, pendant que Peteris Bulans et Alonso Gosselin poursuivaient leur montée parmi les meilleurs noms de l’histoire de l’organisation. Puis il y a eu ces moments qu’aucun scénario ne peut prévoir : Emmanuel Vermette et Mavrick Lachance ont marqué deux buts séparés par seulement six secondes, établissant une nouvelle marque dans l’histoire des Saguenéens.
Puis les séries ont commencé… et l’histoire a continué
Souvent, les grandes saisons sont jugées au printemps. Les Saguenéens ont répondu. Ils ont enchaîné huit victoires consécutives au cours des deux premières rondes et ont présenté l’une des structures défensives les plus efficaces qu’ait connues l’organisation. Mais si une soirée résume peut-être mieux que toutes les autres le caractère de cette équipe, elle est arrivée le 15 mai. Tirant de l’arrière 0-4, les Saguenéens semblaient enfin avoir rencontré un scénario qu’ils ne pourraient pas contrôler. Puis quelque chose a changé. But après but, présence après présence, l’écart a disparu. Ce soir-là, les Saguenéens n’ont pas seulement signé une remontée spectaculaire. Ils ont montré une autre facette de leur identité : une équipe capable de gagner autrement que par la domination. Dans une saison remplie de records, cette rencontre a rappelé quelque chose de plus difficile à mesurer. Les meilleures équipes ne sont pas seulement celles qui contrôlent les matchs. Ce sont celles qui refusent qu’un match soit terminé.
En 20 rencontres éliminatoires, seulement 43 buts ont été accordés — le plus faible total parmi toutes les éditions des Saguenéens ayant atteint la finale. Lucas Beckman a porté cette identité encore plus loin en établissant de nouveaux records de franchise pour la moyenne de buts alloués, le pourcentage d’arrêts et les blanchissages en séries. Le capitaine Emmanuel Vermette a ajouté sa signature en égalant un record vieux de trois décennies avec deux tours du chapeau dans un même parcours éliminatoire. Pendant ce temps, derrière le banc, Yanick Jean continuait de consolider un héritage déjà immense en ajoutant de nouveaux sommets à une carrière qui fait désormais partie du patrimoine de la LHJMQ.
Certaines saisons se terminent. D’autres deviennent des références.
Quand on reparlera des Saguenéens dans quelques années, cette équipe reviendra rapidement dans les conversations. Pas uniquement parce qu’elle a gagné. Pas uniquement parce qu’elle a battu des records. Mais parce qu’elle a donné l’impression, pendant plusieurs mois, que chaque match pouvait devenir historique. Et ce sentiment-là, lui, ne se mesure dans aucune colonne statistique.












































































