PLEINS FEUX SUR LES ANCIENS CARLSBERG – ALEXANDRE JACQUES
La plupart des anciens joueurs qui deviennent entraîneurs ne trouvent leur vocation qu’à la fin de leur carrière sur la glace. Le parcours d’Alexandre Jacques jusque derrière un banc de la LHJMQ a commencé avant même qu’il ne revête un uniforme de la ligue. Une fois arrivé dans les rangs juniors majeurs, puis professionnels, ce sont les conseils d’une ancienne star de la LNH et futur entraîneur-chef de la LNH qui l’ont aidé à valider ses sentiments.
« J’ai tout de suite su que je voulais être entraîneur », se souvient Jacques. « À 14 ans, j’étais déjà impliqué auprès d’écoles de hockey et j’adorais enseigner le sport et voir les joueurs mettre en pratique ce qu’ils avaient appris. Quand je suis arrivé à Shawinigan, Jean Pronovost (alors entraîneur-chef) m’emmenait dans la salle des entraîneurs pour discuter. Il disait qu’il savait que je serais entraîneur un jour. Cela s’est reproduit quand j’étais à Toledo (ECHL) et que Claude Noël était mon entraîneur. J’étais en réhabilitation pendant six mois à cause d’une rupture du ligament croisé antérieur et, pendant ma convalescence, il m’a joint aux entraîneurs. »
Même si l’envie d’entraîner le démangeait déjà, Jacques est resté patient. Après tout, il lui restait encore 13 ans de carrière professionnelle entre les rangs nord-américains et européens à terminer. Tout cela après une carrière couronnée de succès dans la LHJMQ, où il a marqué 215 points en 225 matchs de saison régulière. Après trois saisons à Shawinigan, il a été échangé à Rimouski, où il a rejoint un club de l’Océanic qui a atteint la finale de la ligue en 1998.
Lorsque le moment est venu d’accrocher ses patins, Jacques tenait à rester impliquer auprès du sport. Rester près de chez lui, avec sa femme et ses deux fils, était encore plus important.
« Quand mes enfants étaient plus jeunes, ma femme et moi avions jugé qu’il était important qu’ils grandissent au même endroit et qu’ils ne déménagent pas trop souvent », explique-t-il. « Cela m’a amené à participer à la création de l’Académie de hockey Joël Bouchard. J’ai également commencé comme entraîneur des habiletés avec l’Armada. »
Fondée en 2007, l’Académie, qui porte le nom d’un autre ancien de la LHJMQ et ancien entraîneur-chef de l’Armada de Blainville-Boisbriand, met l’accent non seulement sur le développement, mais aussi sur le plaisir. Offrant des programmes pour les joueurs de tous âges et de tous niveaux, c’est elle qui a alimenté la passion de Jacques pour l’enseignement du hockey. Ses liens avec Bouchard et la région de Blainville-Boisbriand l’ont non seulement amené à rejoindre l’organisation de l’Armada en tant qu’entraîneur des habiletés, mais aussi à prendre place derrière le banc des Seigneurs de Mille-Îles, qui gère des équipes de niveaux M-13, M-15 et M-17 en collaboration avec l’Académie de hockey Joël Bouchard. C’est avec Mille-Îles que Jacques a entraîné son fils aîné, aujourd’hui âgé de 22 ans. Son plus jeune fils est quant à lui fièrement entré dans le monde des métiers spécialisés en tant qu’électricien, à l’âge de 19 ans.
Ses fils étant maintenant adultes, Jacques s’est davantage impliqué auprès de l’Armada. Son profil au sein de l’organisation a atteint son apogée durant la dernière saison morte lorsqu’il a été nommé entraîneur-chef de l’équipe. Ce n’est pas tous les jours qu’un homme de 48 ans devient un entraîneur recrue au niveau junior. Mais les liens étroits que Jacques a tissés au fil des ans avec le volet développement du hockey, ainsi que son travail continu avec l’Armada, ont certainement facilité la transition. Néanmoins, les différences entre la « Q » de l’époque où Jacques était joueur et celle d’aujourd’hui, où il est entraîneur, sont évidentes.
« Les habiletés des joueurs d’aujourd’hui sont sur un tout autre niveau », souligne-t-il. « Quand j’étais jeune, nous n’avions pas de camps d’entraînement ou de perfectionnement. Personne ne travaillait sur des aspects tels que les carres ou les déplacements. Aujourd’hui, les joueurs ont suivi ces entraînements lorsqu’ils arrivent chez nous. Les joueurs sont désormais entraînés par de nombreuses personnes différentes. Les informations proviennent de nombreuses sources différentes. »
« Nous n’avions pas vraiment de vidéos non plus », poursuit Jacques en comparant son époque en tant que joueur. « Aujourd’hui, il y a des séances vidéo tous les jours. Et la communication est très différente. À l’époque, c’était « fais comme ça ou tu ne joues pas ». Aujourd’hui, les joueurs ont besoin d’une explication sur les raisons pour lesquelles ils font ou ne font pas certaines choses. »
Ce sont les comparaisons que Jacques garde à l’esprit pendant sa première saison à la tête d’une équipe de l’Armada que beaucoup considèrent comme la grande favorite pour remporter le championnat cette année. Trouve-t-il cet aspect intimidant pour une première mission en tant qu’entraîneur-chef dans le circuit? Ou est-ce que la profondeur de son effectif lui facilite la tâche?
« C’est un mélange des deux », dit-il. « La plupart de nos joueurs ont déjà connu du succès individuellement, mais cette organisation n’a pas remporté de série éliminatoire depuis cinq ans. À part les joueurs que nous avons acquis, c’est essentiellement la même équipe que nous avons depuis quelques années. Nous avons fait venir des joueurs importants qui vont changer l’identité de l’équipe, mais cette transition a été difficile en raison de blessures. En tant que nouvel entraîneur, mon défi consiste à demander à ceux qui ont connu le succès individuel de jouer d’une certaine manière, afin de pouvoir continuer à jouer jusqu’en avril et en mai. »
Une chose est certaine : tant que l’Armada restera en lice cette année, il y aura quelqu’un derrière le banc qui s’appuiera sur toute son expérience pour tirer le meilleur de ses joueurs. Et il en profitera pleinement.










































































