En route vers la Coupe Memorial 2027 : les Eagles prêts à prendre leur envol
Par Will MacLaren | Crédit photo : Shane Wilkie
À pareille date l’an dernier, les Eagles du Cap-Breton étaient considérés comme une équipe d’avenir. Avec plusieurs espoirs appelés à former un noyau capable de lutter pour les grands honneurs dans deux ou trois ans, les perspectives étaient prometteuses au Cap-Breton.
Puis, une transaction majeure avec une équipe qui allait devenir championne a tout changé. Soudainement, l’avenir s’est rapproché à grands pas.
« Ça avait beaucoup à voir avec la transaction de Tomas (Lavoie) », confirme le directeur général des Eagles, Sylvain Couturier, en parlant de la transaction qui a envoyé l’un des meilleurs défenseurs de la ligue à Chicoutimi et qui a complètement réorganisé plusieurs plans au passage. « Nous avons réussi à maximiser le retour obtenu dans cette transaction et, avec le groupe de jeunes joueurs que nous avions, nous avons été très agressifs. Il y avait des joueurs que nous ne voulions pas vraiment sacrifier, mais au bout du compte, il faut donner pour recevoir. »
Et c’est exactement ce qu’ont fait Couturier et les Eagles. En une seule transaction, trois membres des champions en titre sont passés du bleu des Saguenéens au noir et jaune des Eagles : le gardien et espoir des Sénateurs d’Ottawa Lucas Beckman, Liam Lefebvre, un ailier d’impact repêché par les Kings de Los Angeles, ainsi que le vétéran défenseur Alonso Gosselin. Un autre ancien des Saguenéens, l’espoir des Capitals de Washington Maxim Schafer, est arrivé dans une transaction distincte. Puis, une entente avec Shawinigan a permis aux Eagles de mettre la main sur l’ailier Elias Schneider – un joueur recrue qui avait récolté un point par match la saison dernière – et sur Cole Chandler, un choix des Bruins de Boston. Tout cela dans un contexte mémorable au Cap-Breton.
« Nous avons parlé du fait que c’est la 30e année de l’équipe et que nous voulions faire quelque chose de spécial », explique Couturier. « C’est une autre raison pour laquelle nous sommes rendus où nous sommes aujourd’hui. Il y a beaucoup de partisans de longue date ici et nous voulons offrir quelque chose de spécial à tout le monde cette année. »
Ces partisans de longue date ont également connu leur lot de déceptions. Depuis leur arrivée à Sydney il y a près de trois décennies, les Eagles attendent non seulement leur premier titre, mais aussi leur première participation à la finale. Bien que la franchise compte déjà un championnat de la ligue et une Coupe Memorial à son actif – remportés en 1996 alors qu’elle évoluait sous le nom des Predateurs de Granby –, le meilleur résultat du club depuis son arrivée en Nouvelle-Écosse demeure deux participations aux demi-finales, en 2002 et en 2024. L’homme connu de tous dans la LHJMQ sous le surnom de « Sly » ne se laisse toutefois pas intimider par cette attente. Il possède entre autres une bague de la Coupe Memorial, remportée avec le Titan d’Acadie-Bathurst en 2018, pour le prouver.
« Je suis déjà passé par là », affirme Couturier, au sens propre comme au figuré. « À Bathurst, personne ne nous donnait une chance. Nous étions le plus petit marché de la LCH à l’époque. Mais nous avons fait salle comble en séries et nous aurions pu accueillir 1 000 personnes de plus dans l’amphithéâtre si nous en avions eu la place. C’est quelque chose que je veux revivre ici cette année. »
Et quelles sont quelques-unes des leçons tirées de cette campagne magique qui demeurent au premier plan dans l’esprit de Couturier?
« Il faut de la profondeur », souligne-t-il immédiatement. « Mais l’autre chose que j’ai toujours dite, et (le directeur général adjoint) John Hanna pense de la même façon, c’est que nous ne voulons pas faire comme plusieurs autres équipes et laisser le réservoir vide l’année suivante. L’année suivant notre victoire à la Coupe Memorial à Bathurst, nous avons remporté (huit) matchs. Nous ne voulons pas nous retrouver dans cette situation et je ne pense pas que ce sera le cas. Nous n’avons pas de choix de première ronde au (repêchage de la LHJMQ de 2027), mais nous avons beaucoup de choix dans les rondes deux à six. Je pense que la franchise sera également en bonne position pour l’avenir. »
Si une bannière devait être hissée au plafond du Centre 200 d’ici pareille date l’an prochain, toute baisse au classement serait sans aucun doute pardonnée par ces patients partisans des Eagles.
Cela dit, il serait rassurant de savoir que les chances d’en faire davantage pourraient se présenter plus tôt que tard. Quand on a attendu aussi longtemps, il est permis d’en vouloir encore plus.















































































